Le sexe facile

Article : Le sexe facile
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30 mars 2015

Le sexe facile

Il n’a jamais été autant facile que de nos jours d’avoir le sexe, de vivre le sexe et d’avoir du sexe gratuit. Le sexe court nos rues et même lorsque vous n’en voulez pas, on vous le propose ! On vous le propose gratuitement et parfois, là où vous ne le pensez pas.
Notre jeunesse est tellement démocratique, « épanouie » que le sexe est l’un des marqueurs de notre liberté. X couche avec Y qui couche avec A qui couchait avec K… Complétez la phrase tant que vous pouvez !
Il vous suffit par exemple de choisir 10 jeunes gens de votre répertoire avec lesquels vous n’avez aucune relation que celle courtoise et de leur proposer une partie de baise. Ne restez surtout pas dans votre maison, vous en aurez pour votre compte !
Le plaisir du sexe, le plaisir de la chair, tant aimé par les filles que les garçons, l’envie d’explorer d’autres horizons, d’autres manières de faire, les palmarès de garçons ou de filles à atteindre, l’envie de conquérir encore, de se sentir désiré, tout cela maintient et nourrit extraordinairement le sexe facile aujourd’hui.

crédit photo : dakar 123
crédit photo : dakar 123

 

Un jour, prenant à pied, les escaliers interminables de la poste de Nyèkonakpoè, toute essoufflée, entre deux pauses pour me reprendre, je me retrouve devant une affiche qui plus de six mois encore après, me torture :

Votre partenaire est-il réellement fidèle ???

Je me suis mise à réfléchir et à réfléchir ; je me suis mise à en parler autour de moi ; je me suis mise à écouter les autres et j’ai découvert que pratiquement personne n’était fidèle à personne !
Le sexe facile a transgressé la porte des relations et s’y est installé. Je me rendis compte que mon ami, célibataire, qui se plaignait de ne pas avoir une vie sexuelle, avait deux « sex friend » avec lesquelles, il se faisait plaisir ; Je découvrais que telle amie, avait au finish quatre hommes qui partageaient sa couche. Mon autre ami, tellement chou, tellement amoureux de sa petite amie, avait eu des aventures… et un dernier qui assumait ses sex friend et disait ne point prendre de risques, de se préserver toujours, de ne point s’exposer au VIH-SIDA bien qu’en fait, il couchait avec trois filles sans préservatifs et disait que c’était des « filles sures »

Ton mec, ta go est-il (elle) réellement fidèle ?
Comment en être sûr, quand toi-même qui semble fidèle ne l’es pas ?

Le risque zéro n’existe pas. A chacun, face à sa morale, face à sa conscience, se posera lui-même la question du sexe facile ; Est-on le plus virile, en ayant trois, quatre filles voire, deux différentes partenaires sexuels par jour ? Est-on la meuf, la mieux cotée en voyant la nudité de tous les hommes ?
Je suis réaliste, mon article de blog n’y changera rien. Ni celui de Guillaume Djondo. Nous sommes la génération du sexe facile ! Celle dont une partie se retrouve plus tard dans les hôpitaux à prendre des antirétroviraux, celle où il n’y a pas de mariage d’amour ou de mariage de « régularisation ».
Mon travail me permet de visiter de nombreux centres médicaux de prise en charge de PV VIH et bien que j’en voie suffisamment depuis six ans, il y en a malgré tout de ces jours où mon cœur s’émeut et où je verse des larmes ; lorsque vous voyez cette demoiselle de votre âge, ce jeune homme qui peut être votre mari ; cet enfant qui n’a encore rien vécu ! Je me rappelle encore les chaudes larmes de ma collègue qui a su que sa sœur était PVVIH (Personne Vivant avec le VIH) au cours de notre stage.
Le sida n’est pas une fatalité, juste une réalité. Vivre bien, vivre heureux avec le Sida est possible. Et j’en ai beaucoup vu, personnellement qui en vivent superbement ! J’en ai aussi vu qui en sont morts, par refus de se dépister, d’accepter leur sérologie, de se soigner… Mon enseignant de parasitologie nous disait toujours : « les amis, choisissez, quand vous avez le SIDA, on vous donne des médicaments et on vous fait des bilans gratuits. Si vous avez le paludisme, vous payez vous-mêmes vos médicaments. »
Le sexe facile a ses conséquences : nous sommes aujourd’hui des personnes dégoutés de nous-mêmes, des autres, sans confiance. Presque personne n’a confiance en personne. Les IST/VIH-SIDA se propagent et bien qu’au Togo, les récentes études sont très encourageantes, avec un recul important de la pandémie à 3%, il faut noter qu’à Lomé, nous sommes à 6% et la tranche de 18 à 33 ans est la plus exposée.
D’aucuns parmi nous, ont multiplié les risques et les partenaires, et pourtant n’ont pas le SIDA ; ce n’est pourtant pas une raison pour continuer, parce que le SIDA existe et personne n’en est immunisé. D’aucuns parmi nous, ont pris un seul risque et en ont été contaminé. Lorsque le préservatif éclate, il ne faut pas s’inquiéter d’une grossesse, il faut s’inquiéter des IST/VIH-SIDA, des hépatites, des…
Chacun devrait faire le point de sa vie ! Continuer ou arrêter. Ça dépend de vous, rien que de vous, ou du moins ce de votre décision.

Car au plus profond de votre cœur, au-delà des croyances, des maladies, vous savez que le sexe facile ne vous fait point du bien…

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Commentaires

salaudlumineux
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Le sexe gratuit dans la rue? tu parles pour toi... vu ce que ça me coûte à moi ? L'important après tout n'est-il pas d'aimer son ou sa partenaire. De l'aimer profondément nous éloigne des déviations. Et en attendant de trouver à aimer, faut s'entraîner sexuellement??? je sens que je me rouille d'ailleurs, je vais commencer par m'entraîner #lol

Judith Gnamey
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j'ai dit le sexe facile, pas gratuit! mais bonne idée, pourquoi ne pas alors nous parler du coût du sexe à Lomé dans ton prochain article? Je crois personnellement que tes conditions ne sont pas toujours réunis et qu'il doit s'agir que d'une décision personnelle que de maitriser son bangala. lol

Jean-Marc AMOUZOU
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Article très éducatif et conscientisant.
Merci ma chère Judith.

Judith Gnamey
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Merci JM!

Fotso Fonkam
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Le constat que tu fais est pertinent, très pertinent même. Il y a en effet une banalisation du sexe dans la génération jeune ces derniers temps. C'est à se demander si l'éducation - au sens africain du terme - existe encore. La faute à qui? Question à réponses multiples. Cependant, il faut faire quelque chose. Et la première chose à faire c'est d'admettre que le vers est dans le fruit. Tu viens de le faire, maintenant il est temps de chercher des moyens de remédier à la situation.

Judith Gnamey
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Merci bien Will, mais crois tu que la question du sexe facile est il l unique apanage des jeunes génerations? je pense qu'internet whatsapp et facebook ont facilité les choses mais le fond du problème est vieux

Osman
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La communication à distance n’a jamais été aussi facile. Le climat n’a jamais été aussi chaud…Le monde évolue, les sociétés changent…le sexe aussi. A travers cette réflexion bien charpentée, tu viens soulever un débat dont la fin n’est pas pour aujourd’hui : la consommation du sexe, le sexe facile pour reprendre tes propres mots. Quand est-ce qu’on doit avoir un rapport sexuel ? Où est-ce qu’on doit le faire ? Au tant de questions qui renvoient à des interminables discussions, surtout quand les facteurs culturels se mettent de la partie.
Je suis en partie d’accord avec toi sur certains points. Car le sexe, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens ne se résume pas uniquement a une simple question de baisser, de caresse, d’éjaculation ou d’orgasme…que sais-je encore. Mais l’acte sexuel (défini comme un besoin primaire de l’être humain, incluant ses traits de personnalité) implique une sorte de responsabilité, de la maturité. Le sexe c’est pour les gens adultes, aime dire toujours un prof.

Judith Gnamey
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Je suis touchée Osman parceque tu as souligné exactement ce qui me manquait: le sexe n est pas que physique. Puissions nous redécouvrir sa vraie valeur

Guillaume
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C'est un article excéllent. Tu y peins une réalité dont nous devons absolument nous départir au risque de verser dans l'instabilité. Instabilité dans la construction de nos foyers, instabilité dans l'epanouissement de nos enfants, instabilité dans la construction de nos familles... etc. J'y vois pire que nos parents polygames, c'est nous sans beaucoup de femmes mais avec beaucoup d'enfants sans leur mères à notre charge.

Toute la publicité autour de la protection, du Sida et consorts n'atteind visiblement pas les cibles : les jeunes. Il revient donc à nos parents de commencer à être rigoureux dans l'éducation qu'ils nous inculquent à la maison.

La dépravation, la cupiditié voire le capitalisme sont en train d'emporter ce monde mais des prises de position telles que celle que tu démontres dans ce billet me donne l'assurance de pouvoir y rémédier.

Ravi de retrouver les pensées de la négresse. :) Merci.

Judith Gnamey
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Ravie de vous retrouver aussi. La question de l'éducation auquel tu fais allusion m'est sensible. La fermeté dans l'éducation peut être un frein réel à la dépravation mais sans un choix personnel de l'individu, rien ne serait fait.

Pierre
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Très bonne idée et excellent thème. Toutefois, nous sommes conscient de cette vie facile qui entrainent cette dépravation des mœurs. Pour ma part, je souhaite que tu reviennes sur les feuilletons que nous diffusent les chaines de télévisions locales dans lesquels l'amour et le sexe sont devenus des pains vendu au bord de le route. Hormis les feuilletons, certains films sont diffusés en pleine journée lesquels suivent certains enfants au moment où les parents sont allés au service. Responsabilité, OUI, mais sexe facile et moi je complète sexe facile et libre. Tous les hommes sont conscient de cette réalité et comme paraphraser une jeune fille qui disait:" les hommes portent des pantalons et se permettent de coucher avec nos amies (sœurs) filles. A présent nos les filles et mamans, nous portons les mêmes pantalons et promouvons l'égalité des sexes. Un pied dedans, un pied dehors; " Quel commentaire peut-on faire de ces propos. la réflexion continue car il y a encore du travail à faire sur tous les bords. Courage et mobilisons nous pour bouter hors du Togo ces pratiques malsains.

Judith Gnamey
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La question des feuilletons reste débatue dans notre société, mais moi je pense qu'au déla de tout, il s'agit d'une éducation de parents qui doivent aussi former le caractère de leurs enfants, à pouvoir refuser ce que la télé leur propose.

renaudoss
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Très éloquant, sur un sujet grave dans tous les sens du terme.
Notre génération effectivement se vautre dans une sorte luxure consumériste et charnelle. C'est sans tenir compte des conséquences. C'est sans prêter oreille à tout le reste, aux valeurs surtout.
Mais bon, comme tu le présssent si bien, on n'y changera pas grand chose, "nous sommes la génération du sexe facile". Et si on ne choisit pas sa famille, on choisit encore moins sa génération. On fait avec, d'une manière ou d'une autre...

Judith Gnamey
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Rires Renaud, on fera avec notre génération. J'espère nous voir nous autres, pionniers d'un changement nouveau. Dire non au sexe facile!

Eli
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Que dire de plus si ce n'est que le billet est très bien pensé. La banalisation à outrance du sexe, objet de plaisir comme tout autre est une des réalités perverses de notre génération. Une génération où il faut assouvir à volonté ses pulsions. Tu fais bien de relever les dangers qu'on encourt dans une sexualité débridée. On devrait mener une vie sexuelle plus responsable..enfin si on tient à sa vie bien sur.

Judith Gnamey
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Merci Eli. j'ai surtout voulu montrer qu'il s'agit d'un choix personnel à adopter et à assumer pleinement

AGBOYIBOR Mawuena
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Un très bon article pour conscientiser la jeunesse qu'elle soit togolaise, africaine voire mondiale ! Très bon boulot ! Il faut continuer ainsi.

Judith Gnamey
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Merci! soyons le début de cette contiensiciation

farida
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Très bel article sur un sujet très important dont on ne parle pourtant pas assez.

Judith Gnamey
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Merci Farida =D